Des immeubles 100 % solaires et autosuffisants, cela a été la promesse de nombreux porteurs de projets un peu partout dans le monde tout au long des années 2000. Dix ans plus tard, où en est-on ? Le miracle des immeubles autonomes sera-t-il atteint ?


Une ville avec des immeubles recouverts de panneaux solaires ou de jardins potagers qui la rendent autonome en énergie et en produits maraîchers de bases, quel progrès cela constituerait-il !
C'est avec cette croyance que des centaines de municipalités et de cabinet d'architectes, rêvant d'inventer la ville de demain, se sont lancés, un peu partout dans le monde tout au long des années 2000. Des écoquartiers de Copenhague, de Grenoble ou de Bordeaux aux villes nouvelles de King Abdullah Economic City en Arabie Saoudite, Masdar ou Songdo en Corée, les ecobuildings ont surgi par dizaines. Sont-ils réellement autosuffisants ?

Il n'est pas possible de dresser un tableau global tellement les philosophies de départ, les technologies et les approches de chaque projet étaient différentes, mais globalement, on peut constater un échec relatif. Les immeubles écologiques, non seulement sont moins autosuffisants qu'on ne pouvait l'espérer (ils continuent à avoir des besoins énergétiques plus que significatifs, mais en plus, leur empreinte écologique globale (intégrant les coûts de construction, d'entretien et de recyclage, une fois leur vie terminée) est moins faible que prévu.

Face à cela, de nouvelles approches, moins idéales, mais peut-être plus réalistes en ce début des années 2010, sont explorées. La voie de combiné gaz-solaire semble prometteuse, selon Hassan Hachem, un professionnel du bâtiment, franco-libanais, Les limites de l'énergie photovoltaïque actuelle est, tout le monde, le sait, la difficulté de stockage.  Parfois l'énergie solaire est produite au moment où l'on en a besoin. Parfois, elle l’est à des moments où aucun besoin n'existe, pas plus pour le chauffage que pour la climatisation ou le fonctionnement des appareils électroménagers.  Il est donc, nécessaire de compléter les apports du solaires par une source d'énergie si l'on souhaite réduire le recours au gazole. « L’énergie la mieux positionnée pour compléter les besoins du solaire est certainement le gaz », affirme Hassan Hachem,elle offre à la fois souplesse et relative efficacité énergétique.

Des installations combinant panneaux solaires photovoltaïques sont à la fois complémentaires tant du point de vue énergétique, le gaz prenant le relais du solaire lorsque ne produit pas d'énergie, que du point de vue technologique, indique encore Hassan Hachem.

La situation ne semble pas figée car il reste possible qu'un jour, une technologie de stockage de l'électricité voit le jour et permette de résoudre en partie le problème du décalage entre les périodes de production de l'énergie solaire et les périodes de consommation, mais ces technologies ne seront pas disponibles pour un coût raisonnable dans un avenir proche. Il faudra probablement passer par une rupture technologique pour que ces conditions soient réunies.