Paris possède des ressources naturelles sous exploitées qui lui permettraient de produire de sa propre énergie. Longtemps délaissée, la technique du forage géothermique fait son retour dans la capitale.


Depuis quelques semaines, un forage géothermique est entré en activité à la porte d’Aubervilliers à Paris (19e) qui puisera de l’eau chaude à 1800 mètres de profondeur pour la faire remonter et l’injection dans un réseau de chauffage central.


La géothermie peu prend de nombreuses formes : il peut s’agir de puits canadien, de chauffage sol-air avec pompe à chaleur qui utilisent la chaleur présente à quelques mètres de profondeur mais aussi de forage permettant d’utiliser une chaleur plus forte présente en profondeur : 1 800 mètres de profondeur, l’eau souterraine peut atteindre 57 degrés. Cette eau, très chaude, peut alors être utilisée dans le cadre d’un réseau de chauffage central pour assurer les besoins en chauffage de centaines de logements.


L’objectif du forage de la porte d’Aubervilliers est ambitieux puisqu’il s’agit de satisfaire en énergie les besoins de la moitié des habitants du site Paris Nord Est (12 000 logements), une zone en cours de réaménagement entre la porte de la Villette et la porte de la Chapelle.


Cette forme de géothermie a eu le vent en poupe en 1973 après le premier choc pétrolier, mais la moitié des 54 forages installé à l’époque ont été abandonnés, souvent pour des impasses technologiques. Les dites technologies évoluant, la région parisienne prévoit de remettre à l’ordre du jour la géothermie pour répondre à des problèmes de chauffage collectif. 6 anciennes exploitations intégrant un forage géothermiques vont être réhabilitées, aux dires de Michel Vampouille vice président du conseil régional chargé de l’environnement, car elles sont redevenues économiquement viables de la part l’augmentation du prix du pétrole. Autre avantage non négligeable, le coût de cette énergie est stable et prévisible, attendu que les coûts d’exploitation varient peu.


Cette démarche s’intègre dans le cadre du Plan Climat Paris adopté en 2007, qui se fixe comme objectif que 25% de la consommation d’énergie de la région provienne d’énergies renouvelables (énergie solaire, géothermie...) à l’horizon 2020.


Autre projet de forage géothermique à l’étude dans Paris : le quartier des Batignolles dans le 17e arrondissement.


Le forage géothermique de Paris Aubervilliers en chiffre

12 000 logements concernés

31 millions d’euros investis (soit 2500 euros par foyer)

Financement : 80% par la compagnie parisienne de chauffage urbain

20% par l’Ademe et le Conseil Régional.