Les solutions alternatives telles que celle du café du commerce équitable essaient de rééquilibrer les marchés mondialisés mais aussi de faire du café une boisson plus en harmonie avec notre planète. En effet, deuxième production mondiale après le pétrole, le café est consommé en majeure partie par les pays industriels, tandis qu’il est produit par des petits cultivateurs d’Amérique du Sud, d’Afrique ou même d’Asie, qui peinent à vivre. C’est pourquoi le café issu du commerce équitable cherche à rétablir un équilibre tout en privilégiant des modes de production plus sains pour notre environnement.

Devenu emblème du commerce équitable, le café a en effet été précurseur dans ce domaine en multipliant les efforts pour rémunérer les petits cultivateurs au juste prix, avec la création près de vingt ans auparavant du label Max haavelaar. Bénéfique d’un point de vue social et humain, cette démarche tend également à s’inscrire dans une tendance où l’on prend conscience des modes de production pas toujours écologiques du café. En effet, la culture du café aurait un impact important sur l’environnement et la biodiversité des producteurs.


La majorité des récoltes étaient, jusqu’à une dizaine d’années auparavant, issues de plantations situées dans les forêts à l’ombre des grands arbres. Or, près de la moitié des zones de culture de café en Amérique du Sud et Caraïbes ont été transformées depuis en plantations intensives non abritées. Les arbres ont été abattus pour y laisser des zones clairsemées, où l’eau s’évapore et où se sont imprégnées de fortes odeurs d’engrais ammoniaqué. Cette évolution a donc de lourds effets sur la biodiversité. Le nombre d’espèces d’oiseaux y est réduit de moitié et le nombre total d’oiseaux a baissé des deux tiers. Les pesticides et engrais désormais indispensables en plus grandes quantités n’arrangent rien au phénomène, d’où l’utilité de réagir, d’adopter d’autres réflexes pour votre boisson favorite, en plus de privilégier le café du commerce équitable.


Vos habitudes de consommation doivent en effet être modifiées, car en outre se pose également le problème du suremballage et c’est là que vous pouvez agir à votre échelle. A quantités de café égales, l’utilisation de ces dosettes produit environ dix fois plus d’emballage et de déchets que l’emploi de paquets de café classiques, ce qui au final augmente aussi le prix payé par le consommateur de 20 à 60% . Certes, des marques comme Malongo et Senseo utilisent de la cellulose, qui fait qu’en théorie les dosettes sont biodégrables et compostables. Mais pour préserver les saveurs du café moulu, ces fabricants doivent faire appel à un emballage individuel plastifié et hermétique.


Heureusement quelques bonnes nouvelles viennent embellir un peu le tableau. Le café du commerce équitable est disponible dans presque tous les rayons magasins depuis presque 20 ans. Ceci s’inscrit dans une lignée de comportement plus responsable, puisque ce café équitable est aussi plus écologique. En améliorant les conditions de vie et de travail des petits producteurs, cette filière a permis d’introduire dans les cahiers des charges des éléments relatifs, par exemple, à la non-utilisation de produits toxiques lors de la culture. Ce qui explique par exemple que 30% du café labellisé Max Havelaar soit certifié biologique.


C’est pourquoi, à notre échelle, on nous recommande d’opter pour du café du commerce équitable si l’on veut penser aussi bien aux populations défavorisées qu’à notre planète, en choisissant du café labellisé certifié par le logo AB dès que possible. Ceux qui ne sont pas encore équipés d’une machine à préparation individuelle rendant automatique l’emploi des dosettes, ne cédez pas à l’effet de mode ! Mieux vaut préférer l’achat de café en vrac (dans les boutiques spécialisées) ou en sachets classiques de 250 grammes.


Optez aussi pour des gobelets en carton plutôt qu’en plastique, l’idéal étant encore d’apporter sa propre tasse au bureau ! Economisez l’eau également : celle utilisée pour faire le café représenterait jusqu’à 30% de l’eau du robinet consommée dans certains pays européens et aux Etats-Unis, il faut donc être vigilant aux quantités de café que l’on prépare, avant de jeter la moitié de la cafetière froide. Dernière astuce responsable, s’équiper d’un filtre en inox, permanent, plutôt que de filtres jetables en papier, ou alors opter pour des filtres en bambou.