Comme toute multinationale soucieuse d’accompagner les mouvements de l’opinion, Epson communique sur le développement durable. Mais les propos tenus sur son site web relèvent de la publicité mensongère.

Sur le site site d’Epson France, une page est consacrée au développement durable. Le terme de développement durable est, entre les mains des communicants d’Epson, plus un argument de communication, qu’une profession de foi s’intégrant dans une véritable stratégie visant à produire, de façon plus respectueuse de la nature.

Voici ce que l’on peut lire sur le site Epson à propos de développement durable

En matière d’environnement, les domaines d’intervention portent principalement sur :

  1. La conception et la commercialisation de produits de plus en plus respectueux de l’environnement.
  2. La transformation des procédés afin de réduire leurs impacts sur l’environnement.
  3. La collecte et la valorisation de produits en fin de vie.
  4. La communication sur l’environnement et la contribution aux actions citoyennes régionales et internationales.
  5. L’amélioration constante du système de management environnemental.


 
Le respect de l’environnement dans tout le cycle de vie du produit.


 Le coeur du modèle de développement d’Epson est, dans son essence, opposé au développement durable :

  • Comme chez tous les fabricants d’imprimante, l’objectif est de pousser le consommateur à acheter le plus souvent de nouvelles cartouches, les fabricants gagnant, en général, peu sur les imprimantes, mais se rattrapant sur la vente de cartouches (aussi appelées consommables),
  • Les imprimantes Epson sont faites pour durer quelques années afin d’être renouvelées le plus souvent possible,
  • Epson cherche à empêcher à ce que les entreprises qui remplissent les cartouches d’encre vides, d’exercer leur activité : cette stratégie d’Epson se fait au détriment de l’environnement, mais aussi aux dépends du consommateur qui pourrait payer ses impressions deux à cinq fois moins cher si un véritable marché du remplissage des cartouches d’encre se mettait en place. L’empreinte écologique de l’impression est probablement multipliée par deux ou trois (il faut dépenser plus d’énergie et de matière première pour produire plus de cartouches, mais aussi assumer des frais de recyclage deux fois plus élevés) à cause de ce choix économique. Le remplissage de cartouche d’encre se faisant dans des pays beaucoup plus proches des marchés de consommation, le coût écologique du transport de la cartouche vers le centre de remplissage serait beaucoup plus intéressant que le coût de fabrication d’une nouvelle cartouche, réalisée, le plus souvent en Asie.
  • Epson programme certaines cartouches pour s’arrêter de fonctionner avant qu’elles n’aient utilisé l’ensemble de leur encre.

Chez Epson comme chez de nombreux fabricants d’imprimantes, on parle de développement durable mais on adopte une stratégie qui donne la priorité au non durable et à la rentabilité de court terme.


Que pouvons nous faire pour éviter d’encourager les fabricants d’imprimante à faire perdurer ce type de comportement ?

 Vous pouvez agir de plusieurs façons :

  • Consulter les forums de discussion avant d’acheter une imprimante, afin de déterminer si des consommateurs se plaignent de la faible durabilité des imprimantes Epson,
  • Indiquer aux vendeurs d’imprimantes lorsque vous allez en magasin, de vous orienter vers des imprimantes économes en encre et dont les cartouches peuvent être réutilisées (vous les verrez probablement vous contempler avec un regard interrogateur et ils ne sauront probablement pas quoi vous répondre, mais demander leur quand même, c’est comme cela que l’on fait évoluer la demande),
  • Diffuser un message dans un forum de discussion relatant le manque de considération pour l’environnement d’Epson, la prochaine fois que vous en avez l’occasion,
  • Envoyer un email à Epson à partir de leur site avec trois lignes leur indiquant que vous êtes en désaccord avec ces pratiques,
  • Contacter la Croix Rouge dont l’image est associée à celle d’Epson sur leur page sur le développement durable pour leur indiquer qu’Epson programme ses cartouches d’encre pour s’arrêter alors qu’elles pourraient perdurer et que cela est en contradiction avec les engagements annoncés sur cette page.

Ne croyez pas que notre action individuelle est vaine : il est évidement que votre remarque, isolée, n’impactera pas la politique d’Epson.


Mais votre voix n’est pas isolée : d’autres que vous ont déjà initié le mouvement. Epson a été contraint par une action juridique collective au Canada à verser 45 millions de dollars pour avoir programmer ses cartouches d’encre pour s’arrêter avant d’être vide. Epson avait été contraint de faire de même en Californie un peu auparavant. Votre voix, parce qu’elle vient s’ajouter à ce type d’action, a de l’impact.

NDLR

Preuve que chaque action pèse son poids, cet article publié sur un site très humble a déjà attiré l’attention d’Epson qui est venu le consulter 20 heures après sa publication (Lundi 2 mars 2009 a 10h13, puis lundi 2 mars à 10h31, 11h16 et 11h47, puis de nouveau dans l’après midi de la même journée, Epson a alors investigué plus en profondeur sur l’origine du site 24pm Ecologie et environnement avec une nouvelle visite vers 16h45 et sur son éditeur Raphaël Richard, dont le site personnel, raphaelrichard.fr a reçu la visite du fabricant d’imprimantes à 16h49 ainsi que sa version anglaise raphael-richard.com vers 17h21, puis à 18h19 et 18h39. Epson est revenu sur raphaelrichard.fr vers 10h34, le lendemain mardi 3 mars 2009). Preuve que le message tourne au sein d’Epson Europe.

Soyez en convaincu : chaque voix en faveur de l’environnement compte. Les fabricants sont à l’écoute.